Wu Wei



Utiliser l’action pour atteindre le non-agir.


Wu Wei, « faire avancer un éléphant à partir de ce qui n’est pas encore advenu » est l’image de son écriture archaïque.


J’ai vu mon enseignant taoïste « faire », c’est une étrange action qui relie en permanence à plus grand, dessine sans jamais figer un océan de vasitude et incite à s’y baigner, immerger dedans.

C’est sa nature concrète et pourtant immense, insondable qui donne le vertige et renvoie à la nuit des temps quand l’homme craignait que le soleil allait être englouti par l’obscurité à tout jamais.


Vais-je me perdre?

Si je plonge, aurait-il un fond sur lequel rebondir?

Je me sens comme un caneton dans l’Atlantique.


Et oui, j’entend mon enseignant zen dire, à la fin il n’y a pas d’océan, pas de fond, pas de caneton et je le sens dans mes cellules, c’est vrai.


Et pourtant la vie m’invite à bouger, peut-être même que la vie est mouvement. Même confiné, notre corps demande à être nourrie, notre âme à se « dévoiler », trouver sa juste note.


L’action dans le non-agir.

Le non-agir empêche que l’on soit prisonnier de la forme et de l’image (monde corporel).

L’action dans le non-agir empêche que l’on ne tombe dans le vide rigide et la mort du 

néant.


La boucle se ferme.


Shiki Soku Ze Ku, les phénomènes deviennent vacuité

Ku Soku Ze Shiki, la vacuité phénomènes


Peut-être qu’à la fin l’action devient simplement symbole du microcosme humain étant en résonance avec le Grand, le Un.

Et oui! 


Qui aura déjà essayé de tirer sur une pousse pour la faire grandir?


La graine devient arbre car tel est sa nature.

Le saumon remonte la rivière..

Le félin chasse..



Mon mental se tait car là, il ne sait plus, dans ce silence enfin j’hume le parfum d’une action d’une autre nature, inconsciemment, naturellement, automatiquement.

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